La dermatophilose équine, ou « gale de boue »

comment soigner la dermatophilose équine ou gale de boue
traiter la dermatophilose équine ou gale de boue

En ces périodes humides, voire très humides suite aux pluies parfois intenses de l’hiver, nombre de chevaux et poneys sont atteints de dermatophilose équine, dite vulgairement « gale de boue », bien que ça n’ai rien à voir avec la gale. Angoisse de nombreux propriétaires d’équidés, découvrons un peu mieux cette infection tropicale due à une bactérie aujourd’hui répandue dans le monde entier.

Causes de la dermatophilose équine

La dermatophilose apparaît principalement sur les chevaux vivant ou travaillant dans des lieux humides, notamment des paddocks rendus boueux par la pluie; mais peut être également due à des allergies de contact ou autres causes extérieures.

Elle est causée par une bactérie hygrophile (qui aime l’humidité) d’origine tropicale, la Dermatophilus congolensis, présente dans les sols, mais aussi transmise par les tiques.

Symptômes de la gale de boue

La gale de boue provoque une atteinte superficielle pustuleuse du derme qui se manifeste principalement sur le bas des membres, principalement au niveau du pli du paturon et du bas des membres; mais aussi au niveau du dos et de la croupe sur certains chevaux.

On remarquera d’abord une chaleur anormale au niveau des pieds et du bas des membres, qui sont souvent engorgés. Sous les poils la peau devient très rouge. Ensuite apparaissent les plaques de peau nue, sans poils, très enflammée. Dans les cas les plus graves des croûtes se forment, voire des plaies profondes s’infectant facilement. Dans tous les cas les membres sont douloureux, occasionnant de vives réactions au toucher ou au contact de l’eau et une gêne de la locomotion dans le travail.

 

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Les premiers soins à apporter

La première chose à faire en cas de présence de ces différents symptômes est bien sûr d’éliminer la cause de la gale de boue, c’est à dire l’humidité. Il faudra donc rentrer le cheval au boxe s’il vit dehors, dans un boxe bien sec paillé de frais.

L’idéal est de doucher les membres afin de bien les nettoyer, puis de les sécher avec une serviette. Pour accélérer le séchage de la peau et faciliter les soins, l’idéal est de couper ou de tondre les poils à ras autour des zones atteintes, surtout au niveau du fanon et du paturon. Après cela il faudra limiter au maximum le contact de la peau des membres avec l’humidité et la garder en permanence propre et sèche jusqu’à guérison complète.

Traitement à prévoir pour soigner la dermatophilose équine.

Les dermatophiloses ne sont pas toutes les mêmes et le traitement appliqué peut donc être variable. A moins de faire appel à un vétérinaire, qui fera un prélèvement et diagnostiquera précisément l’infection, on peut dans un premier temps et si l’infection n’est pas trop importante traiter de la manière suivante. Le plus important et le moyen radical pour éliminer cette bactérie hygrophile est de limiter à tout prix l’humidité ambiante.

Il faut commencer les soins par un nettoyage complet des zones atteintes avec un savon antiseptique type Bétadine savon (rouge), en le diluant dans de l’eau tiède et en frottant avec une éponge toutes les zones enflammées. S’il y a des croûtes il faut bien frotter pour essayer d’en enlever un maximum, pareil en cas de purulence au niveau des plaies. En effet les croûtes gardent la bactérie à l’abri en milieu anaérobie (sans oxygène).

Il faudra ensuite appliquer des produits qui vont aider à reconstituer la peau. En cas de peau enflammée sans lésions, l’idéal est un mélange d’huiles essentielles visant à aider la peau à se reconstituer tout en la protégeant et en calmant l’inflammation. En cas de lésions et de croûtes, une crème grasse type Vaseline ou Mitosyl sera idéale. Pour ma part je mélange du Mitosyl avec du Tégarome du Docteur Valnet, une huile essentielle, afin de combiner leurs effets et de protéger au mieux la peau lésée. On peut aussi utiliser du miel, ou différentes plantes et traitements naturels.

Il faudra bien sûr éviter à tout prix l’utilisation de bandes de repos ou autre afin d’éviter toute macération de la peau. Il faut qu’elle reste à l’air libre pour sécher.

En cas d’infection des plaies, il faudra compléter le traitement local par l’administration d’antibiotiques, à voir avec le vétérinaire.

Prévention de la gale de boue

L’idéal reste bien sûr la prévention, en limitant les zones boueuses et humides dans les paddocks et dans les aires de travail et en séchant et nettoyant correctement les membres du cheval avant et après le travail.

Avoir des lieux de travail et de vie propres est la base. Dans les paddocks, limiter la boue en favorisant l’ensoleillement (tailler les arbres, déplacer les bêtes sur une parcelle plus ensoleillée, etc… ) et en nettoyant régulièrement les crottins, éviter la présence de tiques en fauchant les refus. Au boxe, proscrire les litières sales et humides, faire le boxe tous les jours et éviter les infiltrations d’eau. Dans les aires de travail, ramasser les crottins systématiquement et favoriser le drainage du sol pour éviter les flaques.

En cas de situation à risques, il faudra surveiller attentivement le bas des membres afin de réagir rapidement dès les premiers symptômes.

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Julie

Monitrice depuis 2007, cavalière depuis 1995, je fais vivre ce blog en vous apportant de mon vécu et de mon expérience, personnelle et professionnelle.

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