L’endurance équestre

l'endurance équestre
L’endurance équestre

L’endurance est une discipline équestre de plus en plus pratiquée en France. Elle consiste en une course de fond de plusieurs kilomètres que le couple cavalier/cheval doit parcourir le plus rapidement possible, dans un parfait état de santé. Selon le relief, elle se pratique en général un maximum au trot et au galop, demandant un entrainement intensif au cheval comme au cavalier.

 

Noria du Durzon montée par Sophie ZETTEL
Noria du Durzon montée par Sophie ZETTEL

 

 Les origines de l’endurance:

L’endurance est issue du besoin ancestral des hommes de se déplacer et de communiquer. L’homme a de tout temps cherché à parcourir avec les chevaux le plus de distance possible en un minimum de temps et en gardant leurs montures dans le meilleur état possible.

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On connait bien l’exemple du Pony Express au temps de la conquête de l’Ouest Américain, ainsi que les grands déplacements dûs aux conquêtes et aux guerres.

C’est au XIXème siècle qu’apparaissent les premières courses d’endurance en Europe, aux USA et en Australie. A cette époque seule la vitesse comptait et on ne tenait pas compte de l’état de santé du cheval.

De grandes courses historiques naissent au début du XXème siècle, comme le raid militaire de 132km Bruxelles-Ostende en 1902, ou encore les 160km de la Tevis Cup Ride aux USA en 1955, encore courue aujourd’hui sur l’une des pistes les plus rudes qui soient.

En France la discipline apparaît dans les années 70, mais l’endurance ne connaîtra son essor qu’au milieu des années 90, notamment avec la course de Florac en Lozère. Elle est aujourd’hui la seconde discipline pratiquée en France avec 6000 licenciés en 2008.

 

Les différentes épreuves:

Il existe des épreuves à vitesse limitée et des épreuves à vitesse libre.

 

Les épreuves à vitesse limitée sont des courses de niveau départemental ou régional, avec des vitesses pouvant aller de 10 à 15km/h. Elles peuvent se courir sur 20, 30, 40 ou 60km, en une ou deux étapes. Il existe également des courses de 10km pour les poneys.

Le classement se fait par un calcul :

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Le premier est celui qui obtient le résultat le plus élevé.

 

Les épreuves à vitesse libre se courent au niveau national et sont organisées par la FEI (Fédération Équestre Internationale). On trouve des courses de 90, 120, 140, 160 et 2 x 100 kms qui se font en trois à six étapes et se courent à 12km/h minimum.

Le classement est fait en fonction de l’ordre d’arrivée des concurrents, après un dernier contrôle vétérinaire.

 

Ces parcours possèdent 2 à 15 kilomètres de marge de tolérance en fonction du nombre de kilomètres de la course.

 

 

Déroulement d’une course:

 

Accueil:

Avant le départ de la course, le cavalier va se familiariser avec l’aire de départ et le parcours à effectuer. Il va devoir récupérer son dossard avec son numéro, la carte du parcours, la carte et le « road-book » pour son équipe suiveuse et le carnet vétérinaire de son cheval. Il pourra repérer le contrôle vétérinaire et les lignes de départ et d’arrivée avant de se préparer.

Il est important pour le cavalier avant le départ de connaitre exactement la course qui l’attend: difficultés de parcours, contrôles vétérinaires, nombre exact de kilomètres à parcourir afin de calculer sa vitesse moyenne, etc.

 

Premier contrôle vétérinaire:

Avant le début de la course le cavalier va présenter son cheval au contrôle vétérinaire afin d’établir son état de santé avant de courir. Il doit présenter les papiers d’identification du cheval ainsi que sa carte de suivi vétérinaire. Le vétérinaire va prendre la fréquence cardiaque du cheval au repos, regarder ses allures, son niveau d’hydratation et vérifier son état de santé général. Il dressera ainsi un état global du cheval avant le départ de la course.

 

Noria du Durzon et Sophie ZETTEL au contrôle vétérinaire
Noria du Durzon et Sophie ZETTEL au contrôle vétérinaire

Le départ:

Apres un petit échauffement au pas le cavalier se présentera sur la ligne de départ. L’heure précise de son départ sera notée par le responsable.

En épreuves à vitesse limitée les départs sont échelonnés, alors qu’ils se font en groupe sur les épreuves à vitesse libre.

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Les boucles ou étapes:

La course peut se faire en une ou plusieurs étapes, dites boucles, en fonction de sa longueur totale. La cavalier et son cheval suivront le balisage du chemin, mis en place par les organisateurs. Il faudra au cavalier gérer au mieux son cheval pour suivre au plus près la vitesse moyenne voulue ou imposée, ainsi que ménager son effort pour tenir jusqu’au bout de la course.

L’équipe suiveuse rejoindra le cavalier sur le parcours environ tous les 5km afin de lui apporter assistance et soutien, eau et énergie pour le cheval comme pour le cavalier.

 

Haltes:

Entre chaque boucle, le cavalier et son cheval pourront faire une longue pause. A l’arrivée le temps sera consacré aux soins au cheval et à sa récupération; puis vient le contrôle vétérinaire. Si le cheval est en bon état de santé, le cavalier pourra repartir sur l’étape suivante après s’être lui-même reposé.

Sur une épreuve à vitesse imposée le chrono est arrêté 1h pour la halte et le contrôle vétérinaire se passe au bout de 30min. Sur les épreuves à vitesse libre, le chrono n’est arrêté que pendant le contrôle vétérinaire, dit « temps neutralisé », le temps pour se présenter au contrôle est de 20min maximum et un deuxième examen est obligatoire 10min avant de repartir sur la boucle suivante.

Le cheval et son cavalier repartiront soit sur une nouvelle étape, soit referont la même boucle en fonction du nombre de kilomètres à effectuer.

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A la fin de la course, le responsable inscrit l’heure précise d’arrivée du cheval et de son cavalier au moment où ils franchissent la ligne. 30min après l’arrivée le cheval passera un dernier contrôle vétérinaire.

Le cheval sera qualifié pour le classement final et pour participer à des épreuves de difficulté supérieure s’il termine sa course dans les temps et en ayant franchi tous les contrôles vétérinaires avec succès.

 

Les différents acteurs de la course d’endurance:

 

Le commissaire en chef:

 Il va superviser l’ensemble de l’organisation et des différentes étapes de la course: équipes de responsables de piste et de vétérinaires, chronométrages, inscriptions, données informatiques, classement, sécurité, remise des prix, etc.

Le délégué technique:

Il a la charge des points plus techniques de l’organisation de la course comme le balisage, le tracé des parcours, les aires de contrôle vétérinaires et d’assistance, de parking et de stationnement des chevaux, les points d’eau, les clôtures, les sanitaires, etc.

L’équipe vétérinaire:

Elle est composée d’un chef vétérinaire, qui va superviser tous les contrôles et sera membre du jury, ainsi que de différents vétérinaires pour assurer les contrôles aux différentes haltes, et enfin de secrétaires qui seront chargé de noter les résultats des examens sur les carnets de suivi vétérinaires des chevaux.

L’équipe de la course:

En général bénévole, il faut une sacrée main d’oeuvre pour organiser une course d’endurance. En effet il faut du monde pour gérer les chevaux et les cavaliers au départ, les équipes suiveuses et le public, orienter les participants vers les différentes aires, encadrer les cavaliers aux différentes haltes et sécuriser le parcours (routes, croisements…).

 

L’équipe suiveuse:

Indispensable à chaque concurrent sur la course, l’équipe suiveuse aidera le cavalier et son cheval à chaque étape du parcours.

L’équipe assistera le cavalier pour préparer son cheval et franchir le premier contrôle vétérinaire, ensuite il le suivra en voiture avec des réserves d’eau pour le rejoindre à des endroits spécifiés sur le « road-book » afin de lui apporter assistance si besoin et surtout pour lui permettre de se réhydrater et de réhydrater son cheval, en lui proposant à boire et en l’arrosant. L’équipe pourra renseigner le cavalier sur sa place dans la course et la position des autres concurrents.

Aux haltes, l’équipe suiveuse assistera le cavalier pour le permettre de se reposer et de l’aider à soigner son cheval et à favoriser sa récupération en vue des contrôles vétérinaires.

 

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Les contrôles vétérinaires:

Lors des contrôles vétérinaires, on va vérifier que le cheval soit en parfait état de santé et que participer à la suite de la course ne le mettra aucunement en danger.

Pour cela le vétérinaire va vérifier la fréquence cardiaque (entre 64 et 56 pulsations à la minute demandées selon l’épreuve), son état d’hydratation (test du pli de peau), la couleur de ses muqueuses et son capillaire. Viendra ensuite le test des allures, ou le cavalier devra faire trotter son cheval sur 30m environ afin que l’on puisse détecter toute boiterie ou irrégularité. Sur les courses à vitesse libre, le vétérinaire vérifie également le bon transit du cheval et sa fréquence respiratoire.

 

Choix et entrainement du cheval d’endurance:

Sur de petites distances, n’importe quel cheval pratiquant un minimum en extérieur est capable de courir en endurance. Chevaux et poneys de club, de particuliers ou de randonnées, ils sont parfaitement capables de suivre le rythme demandé en course.

Au-delà d’un certain niveau, et bien sûr de plus en plus vers les niveaux nationaux, le cheval devra être morphologiquement adapté au type d’effort demandé en endurance. On recherchera des chevaux fins et légers aux allures souples et confortables, frugaux, ayant beaucoup d’impulsion naturelle mais restant contrôlables, avec un bon cardio, une musculature longue et fine, des pieds de qualité, résistants. La morphologie du cheval devra être adaptée aux efforts longs et maintenus, son mental équilibré lui permettant de mener la course jusqu’au bout avec volonté, son fonctionnement corporel adapté à la grosse demande cardiaque et pulmonaire et à l’évacuation de la chaleur, ses pieds et ses articulations résistant aux chocs importants et répétés sur des sols souvent durs, avec des allures économes en énergie, sans gestes inutiles.

La race prédominante dans cette discipline est le Pur-Sang Arabe ou assimilés (Arabes, Shagya, Anglos, Demi-Sangs Arabes, Akhal-Teke, etc); ces chevaux présentant en général toutes les caractéristiques demandées pour l’endurance.

Dans tous les cas, comme n’importe quels grands sportifs, les chevaux d’endurance demandent un entrainement intensif très spécifique, permettant de développer au maximum leur système cardio-vasculaire et leur musculature ainsi que leur souffle. Leur alimentation et compléments alimentaires devront également être très spécifiques et parfaitement adaptés aux besoins du cheval en fonction de la période (entrainement, avant course, course, repos après course).

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Persik (1969-2001), cheval Arabe considéré comme le meilleur étalon reproducteur d’endurance avec de nombreuses victoires et ayant engendré des centaines de produits.

 

Published by

Julie

Monitrice depuis 2007, cavalière depuis 1995, je fais vivre ce blog en vous apportant de mon vécu et de mon expérience, personnelle et professionnelle.

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